Découvrez tout sur la cornée : Fonctions essentielles, maladies et solutions!

par adm

                Cornée de l'oeil : fonction, pathologies, traitements

La cornée, cette membrane transparente qui recouvre la partie frontale de l’œil, est cruciale pour notre capacité à voir. Quelles sont ses spécificités ? Quelles pathologies peut-elle développer et comment sont-elles traitées ? Explications avec le Dr Vincent Dedes, chirurgien ophtalmologue et président du Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF).

Un petit corps étranger comme une poussière, un cil ou un grain de sable suffit pour que notre cornée se manifeste ! Très sensible car richement innervée, elle protège l’œil des agressions et est essentielle pour concentrer la lumière sur le cristallin et la rétine.

Devant l’iris et la pupille, la cornée est une membrane transparente qui couvre la partie avant de l’œil. « Comparons l’œil à un appareil photo, suggère le Dr Vincent Dedes. Il est constitué de la cornée et du cristallin qui agissent comme des lentilles, de l’iris qui fonctionne comme un diaphragme s’ajustant à la lumière, et de la rétine qui capture les images comme un film photographique. La cornée, convexe, couvre l’avant de l’œil et aide à focaliser la lumière. »

Caractéristiques de la cornée

Transparente et dépourvue de vaisseaux sanguins, la cornée est extrêmement sensible, ce qui explique la douleur ressentie lors d’une simple irritation.

Fonction de la cornée

La cornée agit comme une barrière naturelle, filtre une partie des UV et réfracte la lumière vers le cristallin et la rétine.

Épithélium, stroma, endothélium : les trois couches principales de la cornée

La cornée est composée de cinq couches principales :

  • l’épithélium cornéen : la couche externe qui agit comme une barrière et aide à répartir le film lacrymal sur la cornée ;
  • la membrane de Bowman ;
  • le stroma, qui représente 90 % de l’épaisseur de la cornée ;
  • la membrane de Descemet, support de l’endothélium cornéen ;
  • et l’endothélium, la couche interne, composée de cellules qui régulent l’hydratation de la cornée en éliminant l’excès d’eau.

« L’épaisseur de la cornée varie entre 0,5 mm au centre et 0,7 mm en périphérie», ajoute le spécialiste.

Ulcération, abcès : les diverses maladies de la cornée

La cornée peut être affectée par diverses maladies, qu’elles soient infectieuses (kératite, abcès), dégénératives (kératocône), héréditaires (dystrophie de Cogan et de Fuchs) ou traumatiques (érosion, ulcère, brûlure). « Les dommages peuvent toucher l’épithélium (la couche externe), le stroma, ou encore l’endothélium, la couche la plus profonde», explique le Dr Vincent Dedes.

Traumatismes de la cornée : coup de doigt, griffure, etc.

Recevoir un coup de doigt en jouant ou heurter une branche en jardinant sont des exemples courants de traumatismes cornéens, qui sont extrêmement douloureux. « Un tel choc peut entraîner une érosion ou un ulcère, causant de fortes douleurs et une photophobie, décrit le spécialiste. En consultation, après avoir vérifié que la lésion est superficielle, nous prescrivons généralement un lubrifiant et un agent cicatrisant. » Il rassure en ajoutant : « Heureusement, cela reste généralement bénin et guérit rapidement. »

Infections de la cornée : abcès, kératite

Les infections de la cornée touchent souvent les personnes qui portent des lentilles de contact.

« Le port de lentilles peut causer des micro-lésions de l’épithélium et favoriser une infection (kératite infectieuse) qui peut parfois évoluer en ulcère et se compliquer en abcès de cornée », précise le Dr Vincent Dedes.

Et d’ajouter : « Il est crucial de respecter les règles d’hygiène : se laver les mains soigneusement avant de manipuler ses lentilles, ne jamais les rincer à l’eau, changer la solution d’entretien quotidiennement et remplacer régulièrement son étui. »

Les personnes portant des lentilles ainsi que celles ayant subi un traumatisme cornéen sont aussi plus susceptibles de développer un abcès de cornée. Celui-ci se manifeste par une douleur, une rougeur de l’œil, un larmoiement, une photophobie, une baisse de la vision et parfois une tache blanche sur la cornée.

En outre, parmi les infections de la cornée, la kératite herpétique est causée par le virus de l’herpès et se caractérise par une douleur oculaire, un larmoiement, une sensation de corps étranger et une sensibilité à la lumière. Un traitement rapide et l’application de collyres antiviraux sont nécessaires.

Atteintes dégénératives : le kératocône, une déformation de la cornée

Parmi les maladies dégénératives, le kératocône est caractérisé par une altération de la forme sphérique de la cornée qui devient conique. Cette déformation apparaît souvent à l’adolescence et provoque des troubles visuels qui nécessitent le port de lentilles de contact rigides, voire une greffe de cornée dans les cas les plus graves. Selon Orphanet, « le kératocône se développe souvent chez des individus ayant une autre maladie, génétique ou ophtalmologique, telle que le syndrome de Marfan, la trisomie 21, la rétinite pigmentaire ou l’amaurose congénitale de Leber (une maladie oculaire grave et familiale). »

Enfin, les dystrophies cornéennes héréditaires représentent un large groupe de maladies génétiques. Parmi elles, la dystrophie de Fuchs ou cornea guttata, une des plus courantes, se caractérise par une dégénérescence de la couche interne de la cornée : l’endothélium. « La dégénérescence précoce des cellules endothéliales entraîne un épaississement de la cornée qui devient opaque avec le temps », explique l’ophtalmologiste. Les symptômes – sensibilité à la lumière, présence de halos ou d’un voile devant les yeux, et baisse de l’acuité visuelle – sont particulièrement marqués au réveil.

Pathologies de surface

La cornée peut aussi souffrir de pathologies dites de surface, dont la sécheresse oculaire est la plus commune. « Certains patients ont un film lacrymal de mauvaise qualité : soit ils n’ont pas assez de larmes, soit leur qualité n’est pas optimale. Ce syndrome sec provoque une irritation chronique de l’œil qui peut mener à une kératite voire à un ulcère, précise le Dr Vincent Dedes. En général, nous prescrivons des lubrifiants pour prévenir les complications. »

Soigner les pathologies de la cornée : quelles approches ?

Le traitement des maladies de la cornée varie selon leur type, leur gravité et leur stade d’évolution.

Traitements médicamenteux locaux

Les pathologies traumatiques ou infectieuses sont principalement traitées par l’application de collyres et/ou de pommades. « En cas d’infection grave – comme un abcès de la cornée – il peut être nécessaire d’hospitaliser le patient dans un service spécialisé », indique l’ophtalmologiste. Il ajoute : « En présence de kératites herpétiques récurrentes, un traitement préventif antiviral oral peut être prescrit pour diminuer la fréquence des récidives. »

Traitements chirurgicaux et greffe de cornée

Certaines affections, comme le kératocône, peuvent nécessiter une intervention chirurgicale – l’insertion d’anneaux intracornéens, une greffe de cornée – en complément du port de lentilles rigides. Pour les dystrophies cornéennes, un traitement chirurgical au laser de surface ou une greffe de cornée peuvent être envisagés.

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