Les statines, médicaments principaux dans le traitement de l’hypercholestérolémie, sont souvent critiquées pour leurs effets secondaires parfois sévères. Quelle est la nature de ces effets et doivent-ils nous inquiéter ? Quand est-il recommandé d’utiliser ce traitement ? Le Dr Mathieu Bernard, cardiologue à Paris, nous éclaire sur ces questions.
Les statines sont des médicaments hypolipémiants utilisés pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires chez les personnes souffrant d’hypercholestérolémie.
Parmi les nombreux médicaments hypolipémiants, les statines se distinguent par leur efficacité à réduire les complications cardiovasculaires telles que les AVC, les crises cardiaques et les athéromes des membres inférieurs. Dr Mathieu Bernard, cardiologue à Paris.
Connu sous le terme technique d’inhibiteurs de la HMG-CoA réductase, ces médicaments sont disponibles sous diverses appellations telles que pitavastatine, simvastatine, atorvastatine, pramvastatine et rosuvastatine. Ils comptent parmi les médicaments les plus vendus à l’échelle mondiale, avec environ 220 millions de personnes traitées.
Comment fonctionnent ces médicaments contre le cholestérol ?
Pour saisir l’efficacité des statines, il est important de comprendre leur action sur le cholestérol. Le cholestérol, essentiel à notre santé, peut être d’origine endogène (produit par le corps) ou exogène (provenant de l’alimentation). « Il existe un système de régulation qui ajuste la production de cholestérol endogène lorsque l’apport en cholestérol alimentaire est réduit. Cela rend les régimes alimentaires souvent peu efficaces pour diminuer le cholestérol sanguin » explique le cardiologue.
Le cholestérol est transporté dans le sang par deux types de lipoprotéines : le HDL et le LDL.
Le HDL achemine l’excès de cholestérol des organes vers le foie pour qu’il soit éliminé, jouant ainsi un rôle protecteur contre les maladies cardiovasculaires, d’où son surnom de « bon cholestérol ».
Le LDL, en revanche, transporte le cholestérol du foie vers les organes, favorisant le dépôt lipidique sur les parois des artères et la formation de plaques d’athérosclérose, ce qui lui vaut l’appellation de « mauvais cholestérol ». Les statines ciblent spécifiquement le cholestérol LDL.
Les statines travaillent de trois manières : elles inhibent les enzymes CoA reductase pour réduire la synthèse de cholestérol endogène, stabilisent la progression de la plaque d’athérome et préviennent la formation de caillots susceptibles de bloquer une artère. Dr Bernard.
Indications : à quel taux de cholestérol devrait-on envisager les statines ?
Il n’est pas systématique de prescrire des statines aux patients présentant une hypercholestérolémie. « Les critères de prescription sont complexes et variés, et ne se basent pas uniquement sur le taux de cholestérol du patient mais surtout sur son risque cardiovasculaire » souligne le spécialiste.
Le risque cardiovasculaire est évalué via un test nommé « score » qui prend en compte l’hérédité, le mode de vie et les facteurs de risque (tabagisme, sédentarité, régime alimentaire, consommation d’alcool, stress…). Le résultat, exprimé en pourcentage, estime les risques de survenue d’un accident cardiovasculaire dans les 10 années suivantes.
« Les statines sont recommandées lorsque le score est : supérieur à 5 % pour les patients de moins de 50 ans, supérieur à 7,5 % pour ceux entre 50 et 69 ans et supérieur à 10 % pour les plus de 70 ans » précise le docteur.
Elles sont aussi prescrites aux patients ayant un rétrécissement du diamètre de l’artère du cou de plus de 25 %, ou lorsque la plaque d’athérome mesure plus de 2 millimètres.
De plus, elles sont systématiquement recommandées en prévention secondaire, c’est-à-dire après un problème cardiaque (infarctus du myocarde, AVC, angine de poitrine, pose de stents, pontage).
Douleurs musculaires et problèmes hépatiques : quels sont les effets secondaires fréquents des statines ?
En plus des effets secondaires mineurs comme les troubles digestifs, les maux de tête, la fatigue, les vertiges ou les crampes, les statines peuvent occasionner deux principaux types d’effets secondaires plus sérieux : des dommages musculaires et une intolérance hépatique.
Chez 1 à 3 % des patients, les statines peuvent provoquer une augmentation des transaminases (ALAT, ASAT), indicateur d’une inflammation hépatique. Cet effet est dose-dépendant, signifiant que plus la dose de statine est élevée, plus le risque d’augmentation des transaminases est important. Dans la majorité des cas, cette augmentation est modérée et asymptomatique, et ne nécessite pas l’arrêt du traitement.
Un contrôle hépatique est systématiquement proposé à trois mois après le début du traitement : si les transaminases dépassent trois fois la limite normale, une surveillance étroite est nécessaire et un arrêt du traitement peut être envisagé. Dr Bernard.
En ce qui concerne les atteintes musculaires, les plus fréquentes sont bénignes et concernent 5 à 10 % des patients et peuvent inclure des douleurs musculaires, des crampes, des courbatures ou une fatigue musculaire. Elles ne sont pas associées à une inflammation ni à une destruction musculaire, et disparaissent à l’arrêt du traitement, ce que l’on appelle des myalgies.
Plus rarement, elles peuvent causer une inflammation musculaire appelée myosite. Les douleurs sont alors plus intenses et associées à une inflammation et une augmentation des CPK (créatine phosphokinase). Elles peuvent conduire à des tendinites, voire des ruptures tendineuses.
Enfin, de manière exceptionnelle (moins de 0,1 % des cas), une destruction musculaire sévère appelée rhabdomyolyse peut survenir, avec un risque d’insuffisance rénale.
La surveillance des atteintes musculaires repose sur le dosage de la Créatine Phosphokinase (CPK), une enzyme dont l’augmentation est caractéristique d’une maladie des muscles, du cœur ou des méninges.
On envisage une réévaluation du traitement lorsque la CPK est au moins cinq fois supérieure à la normale. Dr Bernard
Les effets secondaires graves des statines restent très rares, et ce traitement est unanimement reconnu par les sociétés savantes comme le traitement le plus efficace et le plus sûr pour protéger les patients contre les maladies cardiovasculaires graves voire fatales.
Les statines provoquent-elles de la fatigue ?
La fatigue et la perte de tonus sont des effets secondaires courants des statines. « Les douleurs et crampes musculaires peuvent également rendre les patients plus sédentaires, entraînant une baisse d’énergie et un sentiment de fatigue accrue » précise le Dr Bernard.
Quand les effets secondaires des statines apparaissent-ils ?
La survenue des effets secondaires varie grandement d’un patient à l’autre. « Chez certains, ils se manifestent très rapidement après le début du traitement, tandis que chez d’autres, ils peuvent survenir plusieurs mois voire plusieurs années plus tard » explique notre expert.
En général, les effets secondaires bénins (troubles digestifs, maux de tête, crampes) apparaissent de manière précoce, tandis que les atteintes musculaires sérieuses et l’augmentation des enzymes hépatiques se manifestent plus tardivement.
Quelles statines ont le moins d’effets secondaires ?
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